El Perdido, photographie numérique, 2017.

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Nulle part, vidéo (7:40 min.), 2016.

Nulle part, images extraites de la vidéo, 2016.

Lac à Ange, photographie numérique, 2017.

Tous lieux, photographie numérique, 2017.

El Perdido, photographie numérique, 2017.

El Perdido

un projet de PATRICK BEAULIEU
avec ALEXIS PERNET

Depuis Lost City en Oklahoma, Patrick Beaulieu entame le projet EL PERDIDO, une excursion performative, accompagné du géographe et architecte paysagiste Alexis Pernet. Ensemble, ils se lancent à la recherche de lieux qui n’existent pas, dans un parcours panaméricain à bord d’un vieux camping-car Dodge 1977. Constamment et délibérément égarés, ils demanderont aux gens rencontrés sur la route (habitants ou touristes de passage) les indications pour rejoindre des destinations fictives, irréelles. Débutant un jour d’éclipse solaire totale au centre des États-Unis, ils effectueront un parcours d’une durée indéterminée dont la trajectoire sera entièrement dictée par les informations provenant de celles et ceux qui voudront bien les guider vers nulle part. En chemin, ces rencontres fortuites contribueront à cumuler un amalgame d’informations (routières, topographiques, toponymiques) et de canulars qui influeront sur le parcours et contribueront à leurs égarements. Un corpus d’œuvres d’art visuel ainsi que le récit du voyage découleront de cette excursion performative fondée sur l’intuition, la rencontre, l’abandon et la perte de repères.

Patrick Beaulieu est artiste transdisciplinaire. Intrinsèquement liés à la question de la mobilité, ses projets établissent un rapport aux territoires, en abordant de façon empirique la question des frontières géographiques et sociales, mais aussi celles entre la réalité et la fiction. Intéressé par le voyage et son récit, il s’attarde à certains phénomènes insaisissables qui nous entourent (migratoires, météorologiques, spirituels…), et aux forces qui agissent en ceux-ci. Ses projets donnent lieu à un corpus d’oeuvres d’art visuel combinant installations, vidéos, sculptures, photographies, performances, interventions in-situ/in-socius et archives. Depuis une douzaine d’années, son travail s’est forgé lors d’excursions performatives à travers l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie. Faisant appel à la collaboration d’auteurs, géographes et philosophes, il terminait en 2013 la trilogie d’odyssées transfrontières «VVV» qui consistait à suivre, par voie de terre, la trajectoire aérienne de la migration annuelle des papillons monarques (Vecteur Monarque, 2007), à poursuivre durant 25 jours les vents d’Amérique dans une sorte de navigation continentale (Ventury, 2010) et à s’abandonner au destin et à la chance sur les chemins du hasard (Vegas, 2012). À l’été 2014, il se lançait dans une lente dérive continentale de 25 jours en kayak, sillonnant les méandres qui le menèrent de la source d’une rivière au sud du Québec, jusqu’à l’océan atlantique à l’embouchure du fleuve Hudson à New-York (Méandre). Son travail a été présenté dans divers pays dont notamment dans le cadre d’expositions individuelles aux États-Unis (Pacific Sky Exhibition), au Mexique (Centro de la Imagen et Musée d’Art Contemporain de Morelia), en Belgique (Experimental Intermedia) et à Singapour (Plastique Kinetic Worms art center). Au Canada, ses oeuvres ont entre autres été présentées au Banff New Media Institute, au Musée des beaux-arts de Montréal, à la Art Gallery of Windsor, à la Galerie Leonard & Bina Ellen, au Centre Clark, au Centre d’exposition CIRCA, au Musée de Lachine, à la Galerie des Arts Visuels de l’Université Laval, au Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke et ponctuellement depuis 2006 à la Galerie Art Mûr qui le représente à Montréal et à Leipzig. Ses œuvres se retrouvent dans des collections publiques et privées au Canada, aux États-Unis, en France et au Mexique. Il inscrit son travail dans l’espace public autant sous la forme d’interventions performatives et relationnelles, que sous la forme d’œuvres permanentes intégrées à l’architecture et à l’environnement.

Alexis Pernet est géographe et architecte-paysagiste. Diplômé de l’école des Beaux-Arts de Bordeaux (1996), puis de l’École nationale supérieure du paysage de Versailles (2000), il soutient un doctorat de géographie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en 2011. Sa thèse, Le grand paysage en projet, histoire, critique, expérience, est éditée par les éditions MétisPresses de Genève en 2014. Il est aujourd’hui Maître de conférences à l’école du paysage de Versailles, membre de son laboratoire de recherche (Larep), et du comité de rédaction de la revue Les Carnets du paysage coédités par les éditions Actes Sud et ENSPV. Il développe des outils de projet qui réarticulent les pratiques des institutions à l’expérience paysagère. Il est l’un des fondateurs du réseau académique Espace rural & projet spatial, qui explore cette problématique au travers de colloques internationaux annuels. Il termine actuellement un plan de paysage sur un site de 18000 ha situé dans le Marais poitevin, après avoir longtemps travaillé sur les espaces de moyenne montagne du centre de la France. Un point de méthode commun à l’ensemble de ses travaux consiste à habiter les sites sur lesquels il est engagé, développant des relations de long terme avec ses acteurs et habitants. En contrepoint, il développe des projets liés à l’expérience du paysage, à la traversée des territoires, élaborant ses récits à partir du dessin et de l’écriture. Il rencontre l’artiste Patrick Beaulieu en 2007 au Centre d’artiste Est-Nord-Est, lors de l’événement Histoires de paysages (commissaire Franck Michel). En 2010, il l’accompagne dans le projet Ventury, une odyssée transfrontière à la poursuite des vents d’Amérique, puis à travers la publication du livre VVV, Trois odyssées transfrontières, un livre de Patrick Beaulieu et Daniel Canty aux Éditions du passage de Montréal (2015). Cheminant avec Patrick Beaulieu en France, au Canada ou aux États-Unis, il donnera plusieurs textes de réflexion critique sur le paysage à partir de sa pratique d’artiste en arts visuels et de voyageur (Frac Alsace/Langage Plus en 2009, revue Criticat de Paris en 2013, revue ESSE de Montréal en 2016). Ces textes, auxquels s’ajoutent des fragments inédits de journal, constituent le matériau possible d’un livre à venir, nourris de nombreuses lectures et enquêtes sur les paysages d’Amérique du nord.

Collaboration artistique:
DAUPHIN VINCENT ET ESTELA LOPEZ SOLIS
Design du logo :
FEED
Traduction:
JO-ANNE BALCAEN
Collaboration:
BETHANY SPRINGER, JACK RYAN ET JOHN FREDY RIVAS

EL PERDIDO est réalisé grâce au soutien du Conseil des Arts et des Lettres du Québec et de plusieurs mécaniciens d’Amérique. Patrick Beaulieu remercie Bethany Springer et l’équipe du UARK Sculpture Studio de l’Université d’Arkansas ainsi que Jack Ryan pour leur généreuse collaboration au projet.

Le projet EL PERDIDO s’inscrit dans la continuité d’une série d’excursions performatives intitulée NULLE PART que PATRICK BEAULIEU effectua à l’été 2016 avec la participation de l’auteure THUY AURELIE NGUYEN et de LUC LOIGNON dans le cadre de la 34ème édition du Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul au Québec, Canada (commissaire : Marie Perrault).

NULLE PART

Un projet de Patrick Beaulieu
avec la participation de Thuy Aurélie Nguyen et Luc Loignon

À l’été 2016, Patrick Beaulieu réalisait une série de courtes excursions dans la région de Charlevoix au Québec à la recherche de lieux qui n’existent pas. Prenant la route à bord d’une vieille caravane nommée El Perdido, il demanda aux gens rencontrés sur son passage les indications pour rejoindre des destinations fictives, irréelles ou méconnues… Il effectua une série de parcours dont les trajectoires étaient entièrement dictées par les indications de celles et ceux qui ont bien voulu le guider vers nulle part. Réalisant entre le 28 juillet et le 29 août 2016 une série de 6 excursions performatives, il invita tour à tour le militant voyageur Luc Loignon et l’auteure Thuy Aurélie Nguyen à se lancer avec lui à bord du El Perdido afin de tenter de retrouver :

– le Rang de l’Infini
– le Port Disparu
– la Rivière aux Secrets
– le Chemin du Draveur (avec Luc Loignon)
– le Lac à Ange (avec Thuy Aurélie Nguyen)
– le Chemin de l’Oublie

Dissimulé sur le toit du camion, une caméra vidéo captait les moments d’interactions avec ses interlocuteurs révélant un amalgame de gestuels: doigts pointant des directions routières, bras s’activant dans l’espace pour indiquer des bifurcations et repères géographiques… De ces expérimentations résulte la vidéo Nulle Part qui transpose un enchainement de mouvements corporels, de chorégraphies spontanées, dans une sorte d’hommage à la générosité de tout ceux qui, tant bien que mal, ont contribué à ce qu’il se perde. L’auteure Thuy Aurélie Nguyen fût invitée à faire le récit de son aventure à la recherche du Lac à Ange, un plan d’eau méconnu que l’on retrouve sur certaines cartes topographiques de la région mais qui ne semble pas exister réellement sur le territoire…

Ange
de Thuy Aurélie Nguyen

Lac à Ange (où il y a de l’ange). C’est avec cette seule indication que nous partons à bord du Dodge Empress de 1977, que Patrick a baptisé El Perdido. Et aussi : à deux pas de Saint-Placide. Placide : rester calme en toute circonstance, doux, paisible. Il me semble que ce mot nous va bien à tous les deux. Nous nous éloignons de la baie pour rentrer dans les terres. La route, sinueuse, grimpe de plus en plus. Caminos que suben hacia el cielo, me dit Patrick. Les chemins qui montent jusqu’au ciel. L’impression de rouler droit vers le paradis.

Il y a quelques semaines de cela, mon ami m’a invitée au Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul pour participer à son projet Nulle part. La brochure le dit : il partira dans une série de courtes excursions performatives au cours desquelles il tentera d’atteindre des destinations imaginaires avec la collaboration des gens qu’il croisera en chemin. En explorant et en altérant la toponymie de la région, il cherchera à identifier et à parvenir à des lieux fictifs, en lien avec la géographie et l’histoire locales. Il rassemblera ensuite les traces de ces expériences déambulatoires et les partagera sous forme de vidéos, de photographies, de cartes géopoétiques et de diverses collections d’objets. L’idée de sillonner les routes à la recherche de lieux irréels que nous pourrions finir par trouver m’a séduite. J’ai dit oui et j’ai pris le traversier Rivière-du-Loup/Saint-Siméon par temps de brume.

Le matin de notre excursion, j’ai fait quelques recherches toponymiques sur la région de Charlevoix que je ne connaissais pas. Je voulais découvrir un lieu qui en vaille la peine. Pas la Roche Pleureuse sur l’Isle-aux-Coudre, ni le Lac Efflanqué ; encore moins Les Éboulements, la Montagne de la Noyée ou la rivière du Gouffre ou de l’Enfer. Je cherchais une destination lumineuse, une route qui nous élève. Et je suis tombée soudain sur le Lac à Ange, à côté de la rivière à Ange et du Lac Paradis. Il semblait retiré dans les terres, à peine répertorié sur les cartes, presque inaccessible. La destination parfaite.

En chemin, le mot « ange » nous fait parler. Le soleil poudroie dans la baie comme une poussière d’ange. La baie Saint-Paul se superpose dans mon souvenir avec la Baie des Anges, qui s’étend de Nice à Antibes, et qui m’avait ravie lors d’un séjour estival sur la Côte d’Azur. Les pêcheurs l’ont baptisée ainsi car ils ramenaient dans leurs filets des requins dont les ailerons ressemblaient à des ailes… Et puis cette expression de faiseuses d’ange, celles qui faisaient disparaître les bébés en cours de fabrication à l’aide d’aiguilles à tricoter et d’autres méthodes tout aussi douteuses. La veille au soir, alors que Patrick improvisait un souper dans le chalet sans électricité, je suis restée fascinée pendant un long moment devant la chandelle qui brûlait pour éclairer la table. La mèche avait la forme d’un fœtus, avec son petit corps replié sur lui-même. Il rougeoyait dans l’obscurité, au milieu de la flamme. Étrangement, une sensation de sérénité inondait la cabane. L’expérience de ma fausse couche et la rencontre avec mon petit ange Gabriel ont resurgi en moi.

Nous voici à Saint-Placide. La route se sépare en deux. L’est ou l’ouest ? Nous prenons à gauche, sans trop savoir où nous allons. Patrick s’arrête pour allumer la caméra sur le toit du campeur. La mission est commencée. Il freine aux abords d’une maison puis entre sur le sentier de gravier pour demander son chemin à une vieille dame en train de tailler les lys tigrés de son jardin. Elle s’approche de ma fenêtre ouverte. Je lui demande si elle connaît le lac à Ange. Les ciseaux à la main, elle se met à réfléchir, tandis que son fils la rejoint, en jouant avec une pomme verte qu’il fait rebondir d’une main à l’autre. Le lac à Ange ? La vieille dame se souvient vaguement de ce nom. Il se situe sans doute non loin de la rivière à Ange, sur un terrain privé. Son fils renchérit. Il nous parle d’une barrière, qui pourrait nous empêcher d’entrer dans le domaine. Le fils énumère les obstacles tandis que la vieille dame, elle, nous ouvre grand les portes, comme si elle sentait notre quête irrésistible. Ces deux-là sont de sacrés oiseaux, ils partent à la recherche des anges… Nous les remercions chaleureusement avant de prendre congé. Je leur dis : « Qui sait, peut-être un ange viendra-t-il nous ouvrir la barrière ? » La dame rit de bon cœur ; l’homme nous regarde, incrédule.

Nous suivons leurs indications : revenir à l’embranchement ; bifurquer vers l’ouest puis le nord. Une pancarte en bois, bien cachée, nous confirme que nous sommes sur la bonne route. Le lac à Ange existe bel et bien. Et puis, cette autre indication : le lac des Bêtes. Le nom me fait rire. Après tout, là où il y a de l’ange, les bêtes ne sont pas loin. Nous trouvons la première barrière rouge ouverte. Un panneau annonce que le domaine appartient au Séminaire de Québec. Nous nous consultons du regard avant de nous engager sur le chemin. Après tout, nous ne faisons rien de mal. Nous croisons quelques voitures en retenant notre souffle, avant de nous arrêter devant une seconde barrière rouge, fermée. Patrick gare le El Perdido et nous poursuivons à pied. Un amoncellement de panneaux fléchés entassés les uns sur les autres fait rêver mon ami : Saint-Hilarion, Saint-Aimé-des-Lacs, Clermont, Sapin d’Or. Comme si toutes les directions possibles débutaient à cet endroit. C’est peut-être là que nous allons commencer à nous perdre.

La chaleur est accablante. Les mouches tournent autour de nous. Je voile ma tête avec un foulard de coton froissé pour m’abriter du soleil et éloigner les mouches. Le silence s’installe. Il n’est pas besoin de parler pour nous comprendre. Nous savons que nous sommes en route. « Venus d’une mer de mystère / Vers une mer inconnue nous allons / Et entre les deux mystères / Règne la grave énigme » écrit Machado. Nous entrons dans un autre espace-temps.

Le panneau « Bienvenue au lac à Ange » me fait bondir de joie. Ça y est, nous touchons au but ! À chaque côte gravie, je m’attends à déboucher sur un lac. Mais pas le moindre plan d’eau à l’horizon. Le paysage est sec, rocailleux. J’apprends la patience. Ne rien attendre. Tout espérer. Enfin, après une heure trente de montée, nous apercevons un lac majestueux, entouré de sapins qui entrent dans l’eau sur la pointe des pieds. Je m’assieds par terre, épuisée. Patrick repère un barrage de castors et part en reconnaissance. Je suis fascinée par le ballet aquatique de ces grands rongeurs qui filent dans l’eau, tout à leur affaire. On aperçoit juste leur tête qui dépasse. Ils sillonnent les abords du lac de manière rectiligne. Lorsqu’ils arrivent vers moi, ils frappent l’eau avec leur queue. Un grand bruit résonne alors dans l’immensité. Ce sont les guetteurs, m’explique Patrick. Ils avertissent leurs congénères d’une présence étrangère. Après cette bruyante démonstration, les bêtes retournent sillonner un autre bord.

Nous longeons les sapins qui bordent le lac jusqu’à tomber sur un petit sentier menant à un quai. Le panneau « Lac Welch » nous rend perplexes. N’étions-nous pas sensés arriver enfin au lac à Ange ? Nous nous asseyons sur le pont en bois, où sont arrimés deux canots. L’eau est délicieuse. J’ai envie de plonger et, en même temps, une grande fatigue me retient. Peut-être aussi le souci de ne pas effrayer les castors qui nagent, ivres de joie. L’effort m’a donné le vertige. Je ferme les yeux et je médite. Nous partageons ce moment de silence emplis de gratitude.

Lorsque le soleil commence à décliner, nous amorçons la descente. Nous mesurons le chemin parcouru. Je me sens pleine, repue de tant de beauté, vidée aussi par l’effort physique. Je descends, en retenant parfois un peu mon allure, tant mes genoux et mes muscles sont sollicités. Nous retrouvons la rivière à Ange, puis le El Perdido. Quelle joie de monter à bord et de sentir son vieux moteur ronfler comme un paquebot. Le retour se fait dans un état de flottement. Pouvons-nous revenir indemnes de notre visite aux anges ?

Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, nous prenons une journée de repos pour absorber notre voyage. La fatigue est encore présente. Même les os de mon crâne semblent être en reconfiguration, après notre quête mystique. Je ne sais pas ce qui m’a traversée mais je sens que je ne suis plus la même. Patrick en profite pour faire des recherches topographiques plus poussées. Il pense trouver notre lac sur une carte, entre le lac Paradis et le lac à Ange, trois ou quatre fois plus grands, mais mystère : le lac Welch n’est pas répertorié sur cette carte. Le lac à Ange n’a pas fini de dévoiler ses secrets.

Quelques jours après notre périple, alors que je suis de retour auprès de mon amoureux à Bonaventure dans la Baie des Chaleurs, j’apprends qu’un petit être grandit en moi. Entre rêve et réalité, le miracle a eu lieu. Sur les traces de Nulle part, nous voulions nous perdre pour nous rencontrer, explorer des territoires inconnus aussi bien dehors que dedans. Et voilà que la grâce a porté fruit : un petit ange baigne maintenant au fond de mes entrailles.

Thuy Aurélie Nguyen

Moitié française, moitié vietnamienne et québécoise d’adoption, Thuy Aurélie Nguyen est doctorante en création littéraire à l’Université du Québec à Rimouski. Elle a publié dans plusieurs revues de création (Caractère, Lieu Commun, Virages) et dans le collectif Des grands chefs et des écrivains. Son projet de recherche-création croise deux champs de la littérature contemporaine : les écritures migrantes et les récits de filiation. Sur invitation du Musée régional de Rimouski et sous le commissariat d’Ève de Garie-Lamanque, elle a mis sur pied, en duo avec l’artiste en arts visuels Bruno Santerre, l’exposition Enracinerrance qu’elle a présentée aux Jardins de Métis (2015) puis à Kamouraska (2016). Lors de La Rencontre photographique du Kamouraska, intitulée « Géographies de la lenteur » et placée sous le commissariat de Franck Michel, elle a également coordonné et animé la journée de colloque « Traversées, rythmes, points de vue », rassemblant plusieurs artistes et théoriciens de l’art. Elle participe activement à la vie littéraire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie par des performances de lecture et l’animation d’ateliers d’écriture.

Luc Loignon

Militant depuis une quarantaine d’années dans le milieu syndical, communautaire, étudiant et politique Luc Loignon est présentement actif dans une soupe populaire, la Chaudronnée de l’Estrie. Son parcours professionnel allie l’ingénierie à la philosophie et l’éthique. Depuis toujours il réalise des parcours insensés qui finissent par trouver leur sens. En 2014, il remontait le temps de Fort Ticonderoga à Fort Carillon à la recherche des origines du drapeau du Québec. Plus récemment, il longeait fleuve et rivières à l’affût du passage de la pirogue polynésienne, l’Hokule’a. Il est conteur d’histoires véridiques incroyables.